De l’information à l’hyperinformation
Jusque dans le milieu des années 90, l’information se traduisait majoritairement à sens unique, par un message transmis d’un émetteur vers un ou plusieurs récepteurs. Avec Internet, ce monde d’information s’est enrichit un peu plus chaque jour, pour faire naître la société de l’hyperinformation d’aujourd’hui.
Désormais, les messages sont le fruit de multiples échanges entre différents émetteurs et récepteurs ; chaque personne passant d’un rôle à l’autre, pour aboutir à une information globale et collective.
Véritable prolongement de l’esprit humain, Internet forme aujourd’hui une sorte de supra intelligence, nourrie par la production d’informations, issue d’individus sans aucun lien entre eux, et conférant malgré tout à chacun, une certaine confiance. Même si le partage des savoirs n’est pas un concept novateur, cette grande puissance associative et virtuelle est aujourd’hui la clé de cette intelligence collective. Cela peut se traduire concrètement par le simple lien hypertexte qui relie une production écrite à une autre, un jeu d’association qui contribue à organiser l’information.
Les outils de l’hyperinformation
Car, face à ce flot grandissant d’informations, le rôle des moteurs de recherche – comme Google - devient essentiel sur la toile : un ordonnancement et une gestion pour parvenir à s’orienter dans ce magma de données. Parallèlement, de nombreux outils technologiques émergent dans ce sens comme les flux RSS ou la newsletter, ainsi que des médias sociaux, vecteurs d’informations comme Twitter.
Flux RSS
Les fils RSS s’installent en France dans les années 2000 et sont destinés à faciliter l’accession aux informations d’un ou plusieurs sites. Concrètement, l’internaute s’abonne à un flux et reçoit dans sa messagerie électronique, et au gré des nouveautés, un certain nombre de mails. Traditionnellement, l’utilisateur a configuré son abonnement pour que ce dernier inclut à chaque fois, le titre de l’information et un court résumé (il a la possibilité ensuite de suivre un lien pour accéder à l’article entier). Cette technique permet de balayer rapidement un secteur d’activité : en faisant pointer sur la boite mail, un certain nombre de flux RSS d’acteurs clés du secteur en question, l’internaute peut ainsi se tenir informé sans effort et sans aucune perte de temps.
Cet outil de veille est d’autant plus puissant qu’il permet à chacun de créer des « filtres » pour trier et cibler les informations par mots clés, secteur géographique, etc.
Newsletter
Le concept de Newsletter s’apparente à celui des flux RSS puisque, comme eux, l’information arrive directement dans la messagerie électronique. La réception de cette lettre d’information suit une demande d’abonnement formulée sur un site, par courrier ou tout autre support. Son contenu, livré de manière périodique, informe l’adhérent des nouveautés de l’entreprise ou de l’association émettrice du document. Cela peut se traduire par la diffusion de dossiers d’actualités – ou brèves -, des informations sur les dernières publications, des nouveaux produits ou promotions, ou encore, par des données relatives à l’entité en question.
Initié au cours de l’année 2006 par deux américains (Noah Glass et Evan Williams), Twitter est un outil de réseau social permettant d’écrire de petits messages d’informations – ou Tweets – par le biais d’Internet, de messagerie instantanée ou SMS. Rapidement popularisé auprès du grand public, son slogan « What are you doing ? » (« Que faites-vous ? ») se transforme petit à petit par « What’s happening » (« Quoi de neuf ? » ou « Que se passe-t-il ? »), traduisant la nouvelle orientation des messages, élargissant l’objet des tweets du champ personnel à la sphère publique.
Quand, le 15 janvier 2009, Twitter est le premier a relayé l’information sur l’atterrissage de l’avion dans l’Hudson, les médias commencent à s’intéresser à cet outil de veille. Depuis certains journalistes le considèrent comme une agence de presse à part entière, qu’ils consultent parfois davantage que le fil AFP (Agence France Presse) !
La tendance en France se confirme également : en octobre 2010, une étude IFOP révèle que 80 % des internautes connaissent Twitter et 7 % ont un compte, soit 2,6 millions à cette période (selon un recoupement effectué avec les chiffres de Mediamétrie)…
Quelles orientations pour l’avenir ?
Comme le définissait déjà Niklas Luhmann (1927-1998, sociologue allemand) dans les années 90, « l’information n’est qu’un événement ». Une qualification d’autant plus vraie aujourd’hui que l’information, par sa disponibilité facilitée, devient vite obsolète. A l’image des données boursières qui n’ont qu’une durée de vie de quelques heures, ou encore le point circulation du matin qui est inutile cinq minutes plus tard, l’information traverse le présent rapidement et de manière abondante : un état qui la rend vite éphémère, car vite remplacée !
Aujourd’hui, la société de l’hyperinformation, les technologies nouvelles (flux RSS, twitter, etc.) et les objets (smartphone, iPad, etc.) pénètrent dans notre quotidien très profondément, changeant nos habitudes et transformant notre vie sociale. Les milliers de Tweets et les innombrables billets d’humeur sur Facebook témoignent de l’ancrage de ces éléments dans notre vie de tous les jours…
Avides d’informations et de communication, quelles seront les prochaines orientations de notre société d’hyperinfo ? Le mobile, le local, le participatif, les trois ? Que penser de la nouvelle application iPhone « Meporter » où chacun peut devenir reporter, relai d’un événement dont il est témoin ? Une information localisée qui peut être récompensée pour les meilleurs amateurs-reporter, par l’envoi de cadeaux, voire de rétributions…
Selon l’adage qui constitue la base de la communication actuelle « trop d’informations tue l’information » : que pensez de cette société qui en dévore à chaque seconde, sans parfois ni vérification ni expertise ?
