L’ « accessibilité sur le Web » sous-entend l’accès aux ressources Internet par tous, quel que soit le handicap (sensoriel, moteur ou mental). Si les lois anglaises ou américaines obligent tous les sites Web à respecter les règles d’accessibilité, la loi française n’y contraint, pour l’instant, que les sites institutionnels de communication « pour l'Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics qui en dépendent » (Décret n° 2009-546 du 14 mai 2009).

Malgré tout, il existe un certain nombre de raisons qui motive aujourd’hui les entreprises et les particuliers à suivre un référentiel, avec ses « techniques sémantiques, organisationnelles et d'ergonomie ». D’un point de vue financier, les personnes handicapées représentent un fort potentiel d’achat, d’autant plus que certains veulent réduire leur mobilité et réaliser leur course en ligne. D’un point de vue sociologique, la part des personnes « déficientes », incluant un handicap mineur, étant élevée, l’entreprise, qui conçoit un site accessible, est valorisée et bénéficie ainsi d’une bonne « e-reputation », à la fois pour ce public et pour les autres. En effet, les techniques d’accessibilité profitent également aux personnes sans handicap ; ainsi, par exemple, un texte simple et court, destiné prioritairement aux déficients mentaux, voit également sa compréhension améliorée pour les personnes d’origine étrangère. Enfin, en matière de référencement, un site accessible séduit davantage les robots de moteur de recherche, eux-mêmes « aveugles ». Ainsi, la description textuelle d’une photo devient intelligible.

Selon la dernière directive – WCAG 2.0 – publiée en 2008, quel que soit le degré de handicap, un site accessible doit être « perçu par tous », en offrant, par exemple, une alternative aux contenus images et vidéos, « opérable par tous » et en proposant, de même, un accès uniquement par le clavier « compris par tous », avec des textes simples et « robustes », dans la mesure où les logiciels d’assistance peuvent bien re-traduire le contenu. Classée sous trois catégories, l’accessibilité se mesure par nombre de A : un A correspond au niveau minimum, deux A, au niveau intermédiaire et trois A, à une accessibilité supérieure.

Souvent, le seul handicap pris en considération est la déficience visuelle. Or, cela réduit considérablement le champ d’efficacité des diverses actions. La pertinence conseille vivement de prévoir plusieurs handicaps combinés. Pour cela, il faut se mettre à la place d’une personne handicapée, en opérant quelques exercices, comme couper le son pour « voir » des vidéos et déterminer la qualité des sous-titres, ou encore, utiliser un lecteur d’écran, non seulement pour lire une page, mais aussi, pour réaliser une tâche. Un autre exercice consiste à naviguer uniquement avec le clavier, en utilisant la touche « Tabulation », qui permet d’aller, de liens en liens, pour parvenir à une page, etc.

Dyslexique ou souffrant d’arthrite à grandes déficiences, les personnes handicapées ou simplement âgées doivent pouvoir accéder aux ressources Internet, sans que ce soit un véritable enfer pour la navigation ou la compréhension.