Longtemps prisé, Flash a animé et anime encore beaucoup de sites. Mais aujourd'hui, avec les évolutions des librairies JavaScript et notamment de JQuery, Flash pourrait bien être en passe de céder la main sur le terrain de l'animation.
En 1996, Macromedia, ayant racheté le logiciel SmartSketch, le commercialise sous le nom de « Flash 1.0 ». Rapidement, Internet différencie deux types de sites : les « classiques », écrits en langage HTML et les sites « Flash », riches de nouvelles expériences utilisateurs. Avec les années, l’outil devient flexible et surtout plus adapté au grand public, offrant une interface agréable et intuitive.
En 1997, JavaScript apparaît et menace déjà le logiciel d’Adobe en matière d’animation. Mais c’est avec le développement de ses librairies que le danger sera tangible : parmi elles, Mootools, Script.aculo.us, Prototype et, la plus connue : Jquery. A l’image de son slogan « Ecrivez moins, faites en plus », la célèbre librairie JavaScript empiète, petit à petit, sur le terrain de Flash, proposant des solutions d’animation rapides, universelles, simples et concises. Jquery est également très appréciée des développeurs de site car elle leur simplifie la tâche, avec ses fonctions préprogrammées et ses très nombreux plugins permettant, par exemple, de créer des « Slideshow » (galerie d’images) ou encore, des mouvements de transitions ou des changements de couleurs.
Selon les chiffres de l’entreprise américaine AppendTo, spécialiste du développement Web autour de la technologie JavaScript, le match Jquery / Flash a viré, en août 2011, à l’avantage de la librairie Open source : 48 % des 17 000 sites étudiés, contre 47 % pour Flash. Un mois avant (le 15 juillet 2011), cette tendance était exactement inversée et six mois avant, Flash l’emportait plus largement avec 48 % contre 41 %.
Ces chiffres peuvent trouver leur explication dans les forces et les faiblesses de chacun des deux outils. Jquery, cette librairie Open source et gratuite, s’inscrit davantage dans la mouvance actuelle, à l’inverse de son concurrent propriétaire Flash. En plus, la librairie JavaScript fonctionne, elle, parfaitement sur tous les navigateurs : le logiciel d’Adobe, qui selon son constructeur, est supporté par 98 % des ordinateurs, n’est pas disponible pour l’iPhone d'Apple et ses autres appareils mobiles. A l’heure où le « m-commerce » (ou « Mobile Commerce ») se développe, cette importante lacune peut expliquer les tendances privilégiant Jquery. Combinant enfin une syntaxe facile à comprendre et à utiliser, la librairie intègre la notion importante d’accessibilité, avec notamment son plugin accDND, qui active le clavier et les lecteurs d’écran, pour permettre le « drag and drop » (ou « glisser / déposer »). Certains CMS, comme Drupal, avaient su anticiper l’étendue de la richesse de Jquery, en l’incluant déjà dans leur fonctionnement, pour les animations.
Flash pourrait, à ce stade, apparaître comme le grand perdant du match mais cela serait sans compter sur sa plus grande force : la gestion complète de la 3D, un atout qui lui permet encore d’influencer le marché. En effet, avec Papervision3d ou Array3D, il dispose de possibilités quasi-infinies en matière de mixage de vidéo et d’interactivité. Mais là encore, le paysage change et HTML5 va combler cette lacune avec un moteur de rendu 3D accessible par JavaScript.
Enfin, et c'est un avantage indéniable, JQuery est très léger comparativement à Flash et l'interactivité ou l'intégration dans des portails ou outils existant en fait poutant un élément de poids.
Flash a donc beaucoup de souci à se faire et Jquery de très belles heures devant lui!
