Même si les premiers téléphones mobiles grand public, intégrant Internet, sont apparus sur le marché il y a plus de 10 ans, c’est avec l’explosion des Smartphones en France que l’Internet Mobile se généralise. Aujourd’hui, cinq systèmes d’exploitation se partagent le marché : le Mac OS mobile pour l’iPhone, le Symbian pour les téléphones Nokia, le Blackberry pour les mobiles du même nom, le Windows mobile et le Google Androïd pour les autres téléphones. C’est en multipliant les applications et les services que l’Internet Mobile démocratise son utilisation. Aujourd’hui, de nombreux sites, et notamment les sites e-commerce, développent des versions adaptées aux mobiles.

Etat des lieux de l’Internet Mobile

Selon l’étude annuelle de Médiamétrie : avec 19,3 millions de foyers possédant un ordinateur, 43 millions de téléphones, dont 10 millions avec un Smartphone, et le développement, en parallèle, des tablettes et des téléviseurs connectés, la navigation sur le Web a enregistré une importante progression en 2010.

Internet s’impose donc comme le média consulté en permanence. L’augmentation des « mobinautes » n’a pourtant pas fait diminuer le nombre de connexions par l’Internet fixe. Depuis janvier 2007, le nombre d’internautes a augmenté de 41,7 % et celui des mobinautes de 32,5 %. On assiste à une démultiplication des usages sur le Web au profit des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) et de la presse en ligne, mais aussi des blogs et des sites communautaires, favorisés par les terminaux mobiles.

Un changement qui traduit l’évolution des mœurs dans le domaine de la navigation Web : un comportement moins passif, s’appuyant sur un usage « avancé », avec les MMS, les services mobiles, la radio, la vidéo / TV, l’email, le chat, la visiophonie, etc.

Le développement du m-commerce et du l-commerce

Face à cette incontestable montée en puissance et à l’adoption généralisée des réseaux mobiles et cellulaires, de nouvelles opportunités apparaissent. C’est ainsi que le « m-commerce » (mobile commerce en anglais) monte en puissance partout dans le monde et notamment en Asie. Ce nouvel axe marketing correspond à l’utilisation des technologies sans fil – essentiellement celle de la téléphonie mobile – pour tout ce qui concerne la simplification de l’acte commercial pour le consommateur.

Selon l’étude du cabinet « Consumers and Convergence », en 18 mois (de janvier 2009 à septembre 2010) et dans le monde, le nombre de consommateurs à avoir effectué un achat depuis un téléphone portable, est passé de 10 % à 28 %. Parmi ceux-ci, on compte 44 % de Chinois et 38 % d’Indiens. En France, les acheteurs sur terminaux mobiles représentent 11 % des personnes sondées, mais 43 % se disent prêtes à payer pour accéder à des contenus Internet.

Aujourd’hui, 90 % des consommateurs français sont encore frileux, à cause de la sécurité des données personnelles mais les offres commerciales des « m-commerçants » pourraient rapidement inverser la tendance puisque 58 % des m-shoppers (clients du m-commerce) acceptent de donner des informations pour avoir, en retour, des tarifs privilégiés.

Parallèlement au développement du m-commerce, le l-commerce (location based commerce en anglais) connaît également un bel essor. Il concerne toutes les transactions liées au commerce mobile, qui associent les notions de localisation et de ciblage à des fins commerciales. Par exemple, une personne peut rapidement trouver un restaurant proche de l’endroit où elle se trouve, grâce à la fonction GPS de son téléphone. Face au succès des réseaux sociaux mobiles géolocalisés comme Foursquare, Facebook Places et Google Places, où l’on peut s’enregistrer en un lieu (check-in) et signaler sa position à ses amis, on peut promettre un bel avenir au l-commerce. Mais ce rapprochement entre les commerces traditionnels et les besoins des consommateurs est contrarié aujourd’hui en France, par la polémique sur l’ingérence potentielle dans la vie privée. La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) souligne que, même si ce n’est pas une pratique interdite, l’utilisateur doit être conscient que ces informations peuvent être utilisées à d’autres fins.

Aujourd’hui, la technologie utilisant la géolocalisation n’en est encore qu’à ses balbutiements, mais la tendance s’amplifie nettement ces dernières années… Selon Juniper Research, les achats mobiles, physiques et numériques, doubleront d’ici à 2012 et atteindront 200 milliards de dollars de revenus contre 100 aujourd’hui. En 2014, un Français sur 4 sera un mobinaute, soit 18 millions de personnes. Plus rapide, plus puissant et avec plus d’utilisateurs, l’Internet Mobile est appelé à séduire, notamment avec les applications de paiements, à l’image de celle développée par Amazon, qui permet d’acheter en un seul clic : un mode de consommation en totale mutation, aussi bien au niveau des achats de biens que pour les services, tout en faisant la part belle également aux achats impulsifs.