Situé entre le netbook et l’ordinateur, l’iPad est la révélation de l’année 2010. Même si les premières tablettes ont été introduites en 2001, il a fallu attendre neuf ans pour que le succès soit au rendez-vous. Aujourd’hui, le marché voit arriver de nouveaux matériels comme le Galaxy Tab de Samsung, l’Archos 5, du constructeur français du même nom ou encore, le Playbook de Research In Motion (RIM).

Si, actuellement, on peut facilement prédire la progression des ventes des tablettes pour les années à venir, il est plus difficile de connaître leur véritable utilisation. Cependant, une première étude, réalisée en 2011, apporte quelques réponses…

Le marché des tablettes

Avec 4,2 millions d’iPad vendus, Apple représente aujourd’hui 95 % du marché, selon Strategic Analytics (un cabinet d’études de marché). Ce chiffre est le résultat de l’introduction de l’iPad sur un marché vierge où il a bénéficié, pendant de longs mois, d’un quasi-monopole. Malgré tout, le succès du produit d’Apple s’explique également par son système d’exploitation MaciOS, qui permet une navigation fluide et génère peu de « bugs ». La tablette de Steve Jobs dispose, enfin, d’un grand nombre d’applications téléchargeables sur l’Apple Store. Mais l’inconvénient majeur de l’iPad est qu’il ne gère pas le flash.

Moins d’un an après son lancement, la seconde version de la séduisante tablette vient de sortir (le 11 mars 2011 aux Etats-Unis et le 25 mars en France). Elle tient compte des lacunes de la première mouture, pour offrir désormais, un produit plus léger et plus fin, avec une caméra, à l’avant et à l’arrière, de nouveaux composants et un processeur A5 double-cœur.

Tous les spécialistes de ce secteur s’accorde à dire que l’hégémonie d’Apple risque, cette fois-ci, d’être de courte durée et que le paysage devrait se redessiner, dès 2011, avec l’arrivée du système Androïd de Google. Bénéficiant de l’envergure du célèbre moteur de recherche et de ses applications très appréciées (Gmail, logiciels, gratuits et nombreux, de bureautique et de photos, par exemple), il est aujourd’hui légèrement en retrait à cause de ses bugs à répétition. Mais, comme tout produit Google, la marque emblématique en tire rapidement des premiers enseignements et propose déjà des applications de qualité avec son Androïd Market. L’entreprise française Archos a misé sur le géant américain pour sa tablette Archos 5 et désire s’inscrire durablement sur le marché.

Depuis quelques mois, le système d’exploitation Windows 7 apparaît sur le marché des tablettes avec, en sa faveur, la possibilité d’installer, sur son produit, des applications d’ordinaire utilisées sur PC. Sa réussite dépendra de l’utilisation concrète de la tablette : que fait-on vraiment avec ces tablettes ? Une question au cœur de l’étude d’Admob.

Une étude sur leur utilisation

Admob, régie publicitaire dédiée aux mobiles, appartenant à Google, a mené une enquête sur l’utilisation des tablettes auprès de 1 430 personnes, au mois de mars 2011.

43 % des personnes interrogées déclarent passer plus de temps sur leur tablette que sur l’ordinateur de bureau ou sur un portable. En moyenne, 68 % l’utilisent une heure par jour (voire plus) et dans 82 % des cas, à leur domicile. Parmi les données recueillies par l’enquête, 28 % des personnes l’utilisent en tant qu’ordinateur principal et 34 % estiment que son usage est supérieur à celui de la télévision.

Donc, un véritable engouement pour la tablette tactile, qui sert essentiellement au multimédia et à la consultation Internet : 84 % des personnes interrogées s’en servent pour jouer, 78 % recherchent des informations, 74 % consultent et écrivent des mails, 61 % lisent l’actualité par ce biais et 56 % utilisent la tablette pour accéder à des réseaux sociaux. Plus de la moitié des sondés fait appel à cet outil pour du divertissement – musique ou vidéo, 46 % lisent des ebooks et 42 % y font leur course.

L’étude d’Admob révèle que l’utilisation de la tablette n’est pas portable car seul 11 % des personnes interrogées l’utilisent en déplacement et 7 % au travail.

Une utilité discutée et discutable

Aujourd’hui, l’utilisation de la tablette est majoritairement celle de particuliers, regroupant le meilleur de la plateforme Smartphone ou iPhone et celle d’un ordinateur classique. Elle permet de naviguer facilement sur Internet, sans avoir à attendre l’allumage de votre PC, de rédiger des mails, d’accéder rapidement à iTunes, de regarder des vidéos ou encore, de lire des e-books. Ces petits boîtiers peuvent parfaitement intégrer rapidement votre quotidien, en se transformant en tablette culinaire, pour les uns ou en journal télé, pour les autres, en passant par la chaîne hifi portable. A l’heure du fulgurant développement des Smartphones, on est en droit de se demander pourquoi l’on estime la vente de tablettes à plus de 55 millions, en 2011. Trop encombrante pour être transportée comme un téléphone, la tablette n’est passez polyvalente pour remplacer totalement un ordinateur portable. Alors pourquoi une telle frénésie ?

Au niveau professionnel, elle est aujourd’hui incapable de servir à autre chose qu’à la prise de notes en réunion ou à la planification de prochaines entrevues. Cependant, 43 % des entreprises européennes ou américaines seraient intéressées par cet outil. Selon un spécialiste du cabinet Forrester, à l’origine de ce chiffre, il existerait trois cas possibles d’utilisation de la tablette, dans le futur de la tablette :

  • Une utilisation professionnelle, dans le cadre d’un voyage ou d’une réunion de travail ;
  • Une utilisation de la tablette pour remplacer le « clipboard ». Par exemple, un commercial pourrait appuyer son argumentaire par la diffusion de contenus vidéos et présentations plus attrayantes ;
  • Une utilisation encore inconnue, résultat de la créativité des utilisateurs.

Aujourd’hui, la tablette ne répond pas forcément à un besoin, mais elle entraîne des changements de comportement et des habitudes de consommation chez ses utilisateurs. Même si elle apparaît, à l’heure actuelle, comme un complément gadget des outils existants, elle peut parfaitement tracer son propre chemin, à l’avenir, et devenir rapidement incontournable, pour le peu que des applications spécifiques puissent être découvertes.